Longtemps reconnu pour ses importantes ressources pétrolières et forestières, le Congo affirme progressivement une autre vocation stratégique : celle de plateforme logistique au cœur de l'Afrique centrale. Les derniers indicateurs économiques montrent que les activités de transit prennent une place de plus en plus importante dans la création de richesse nationale.
Au premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires du transit de marchandises s'est établi à 46,4 milliards FCFA, soit une progression de 5,5 % par rapport à la même période en 2025, où il atteignait 44 milliards FCFA. Cette performance témoigne du dynamisme croissant du secteur logistique congolais et de son rôle dans les échanges commerciaux régionaux.
Une croissance portée par les importations
Cette hausse est principalement soutenue par les opérations d'importation en transit, qui ont généré 45,2 milliards FCFA, en progression de 5,7 % sur un an. À l'inverse, les activités d'exportation en transit ont légèrement reculé de 0,4 %, avec un chiffre d'affaires de 1,3 milliard FCFA.
En volume, les marchandises importées en transit ont augmenté de 2,6 %, atteignant 211 029 tonnes. Cette évolution s'explique notamment par l'amélioration des capacités de manutention et des performances opérationnelles du Port de Pointe-Noire, principal port maritime du pays.
Le Port de Pointe-Noire, un atout stratégique
Situé sur la façade atlantique, le Port de Pointe-Noire constitue l'une des infrastructures logistiques les plus importantes d'Afrique centrale. Grâce aux investissements réalisés ces dernières années dans les équipements portuaires, les terminaux à conteneurs et les services logistiques, le port renforce progressivement sa compétitivité.
Cette dynamique est confirmée par les excellentes performances de Congo Terminal, qui a traité près de 700 000 EVP (conteneurs) au premier semestre 2026 et pourrait dépasser 1,3 million d'EVP sur l'ensemble de l'année. Ces résultats confortent la place du Congo parmi les principales plateformes logistiques régionales.
Une activité désormais plus rentable que plusieurs filières industrielles
L'un des enseignements majeurs de cette évolution est que le transit génère désormais davantage de revenus que plusieurs secteurs industriels historiques du pays.
Au premier trimestre 2026, les 46,4 milliards FCFA issus du transit dépassent notamment :
- les exportations de bois transformé, évaluées à 21,6 milliards FCFA ;
- les exportations de produits pétroliers raffinés, estimées à 30,5 milliards FCFA ;
- les exportations de produits minéraux non métalliques, qui ont généré 11,2 milliards FCFA.
Ces chiffres démontrent que les services logistiques deviennent progressivement un véritable levier de diversification économique.
Un corridor essentiel pour l'Afrique centrale
La position géographique du Congo constitue un avantage majeur. Le pays sert de porte d'entrée maritime pour plusieurs États de l'hinterland africain, notamment :
- la République démocratique du Congo (RDC) ;
- la République centrafricaine (RCA) ;
- le Tchad.
Ces pays dépendent fortement des corridors logistiques régionaux pour leurs importations de marchandises. En développant ses infrastructures portuaires, routières et ferroviaires, le Congo renforce ainsi son attractivité comme hub de transit en Afrique centrale.
Des perspectives prometteuses
L'essor du transit ouvre de nouvelles perspectives pour l'économie congolaise. Contrairement aux matières premières, dont les revenus fluctuent en fonction des cours internationaux, les activités logistiques reposent sur la qualité des infrastructures, la fluidité des opérations et la capacité à offrir des services performants aux opérateurs économiques.
La modernisation continue du Port de Pointe-Noire, les investissements dans les infrastructures de transport et l'amélioration des procédures douanières devraient permettre au Congo de consolider sa position de plateforme logistique incontournable en Afrique centrale.
Quel enseignement pour les entreprises ?
Pour les acteurs du transport et de la logistique, cette évolution confirme une tendance de fond : la logistique est devenue un secteur stratégique de création de valeur.
Les entreprises spécialisées dans le transit, le dédouanement, le transport multimodal et la gestion de la chaîne d'approvisionnement auront un rôle déterminant pour accompagner la croissance des échanges régionaux.
Dans un contexte où les corridors commerciaux deviennent de plus en plus compétitifs, investir dans l'efficacité logistique, la digitalisation des procédures et la qualité du service constitue désormais un véritable avantage concurrentiel pour les entreprises opérant en Afrique centrale.
Eurotrans Logistics